Êtes-vous vraiment vivants ?

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Je suis vivant mais est-ce que j’aime pour autant être vivant ? Il serait tout à fait naturel et dans la logique des choses de prétendre que les êtres puisqu’ils sont vivants aiment être en vie. Cependant, beaucoup de personnes l’affirment elles-mêmes ou le démontrent par le biais de leur comportement : elles n’aiment pas leur vie – ou plus généralement la vie. Mais, au fond, en quoi consiste aimer la vie et aimer tout simplement ? Qu’est-ce que signifie réellement être vivant ? En quoi nos décisions sont-elles le reflet de la projection de notre être ? Comment peut-on transformer notre vie en aimant la vie et en alignant nos choix avec nos envies ?

Prendre le temps

Vivre ne consiste pas uniquement à être, mais à être vivant. Je suis, mais ce qui me rend réellement vivant ce n’est pas seulement d’être là, d’être présent, mais plutôt d’être en vivant et en exprimant tout ce que je suis. L’essence de l’être doit également être présente et libérée de son conditionnement. Être, passivement, ce n’est pas aimer la vie, c’est se laisser vivre, en attendant patiemment la mort. Être vivant prend tout son sens lorsque l’être entre en action et vit son être en pleine expansion, à l’image de l’univers.

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Aimer implique d’être dans l’amour et non dans l’imposture ; être soi-même, être le plus vivant possible. Aimer implique d’aimer être vivant et de profiter pleinement de la vie en étant sincèrement présent et conscient. Lorsqu’un être aime la vie, sa curiosité est éveillée et en alerte à chaque instant.

Notre vie entière est régie et influencée par une notion essentielle et individuelle de l’existence humaine : le temps. Sans cette notion du temps, l’être humain ne trouverait peut-être plus de raison de prêter attention à l’un des piliers fondamentaux de notre existence et de la vie en général : l’action. Et c’est l’action ou le manque d’action qui permet de mesurer ou de quantifier le temps. Mais pour observer le temps qui passe, encore faut-il être à l’arrêt, immobile. De cette manière, l’observateur constate que le temps défile. Dans l’action, nous ressentons moins le poids du temps étant donné que nous sommes en mouvement. Pour l’observateur c’est comme s’il avait suspendu le temps et, pourtant, dans l’action ou l’inaction le temps reste le même, c’est seulement notre perception qui diffère. Est-on cependant dans l’inaction pour autant ? Non, car l’observation est une mécanique de l’action. Nous devons distinguer l’inaction de l’inertie.

L’inaction est un état volontaire ou involontaire de l’homme qui lui est parfois nécessaire pour se reposer et recharger ses batteries, retrouver de l’énergie, mais en aucun cas il ne perd son pouvoir d’action ; l’inaction demeurant une variante de l’action qui pourrait paraître stagnante pour l’observateur. L’inertie, à mon sens, est un état volontaire ou involontaire de l’homme, indépendamment des situations qui le contraignent ou non – limitant ou le privant ainsi de son pouvoir d’action –, qui nie les efforts de l’action ou de l’inaction et le maintient dans une léthargie, paralysie, incapacité à prendre des décisions. L’inertie c’est l’abnégation de la vie. L’inaction est utile lorsqu’elle préserve la vie ou lui insuffle de l’énergie. Ces nuances sont nécessaires pour comprendre qu’aimer la vie ne signifie pas se presser de la vivre ou être dans l’hyperactivité constamment. Aimer la vie signifie également prendre son temps, le savourer et ne pas être consumé par son influence qui pourrait être écrasante pour celui qui ne saurait l’employer à bon escient.

Certains hommes craignent tellement la mort que cette peur peut conditionner toute leur vie à travers le temps. Le temps devient alors pour eux une source d’angoisse, d’oppression et une raison de vivre constamment dans l’urgence. Pourquoi pouvons-nous craindre la mort ? Parce que nous craignons de ne plus être, de ne plus exister ou de ne pas avoir suffisamment de temps pour vivre pleinement. En pleine conscience, le temps n’existe plus et notre conscience a accès à des informations qui dépassent notre entendement. Nous savons en pleine conscience que nous n’avons aucune raison de craindre l’inexistence ou l’annihilation de l’être, car nous embrassons l’éternité du temps dans l’instant présent et nous savons que la mort n’est que le commencement d’une nouvelle vie. L’être ne cesse d’être. Il perdure dans une autre dimension, changeant constamment d’un état à l’autre, comme toute chose que nous pouvons observer dans la nature – et même celles que nous ne pouvons voir à l’œil nu ; nous savons qu’elles existent sans pour autant qu’elles soient perceptibles ! Ni le temps ni la mort ne doivent donc constituer des obstacles à notre développement et épanouissement. Lorsque nous focalisons notre attention sur ce qui paraît plutôt que sur ce qui est, nous nous condamnons à suivre le processus de la mort et cela parce que nous refusons de prendre conscience que tout est et perdure au-delà du temps.

Vivre c’est surtout être conscient. Aimer c’est employer son temps avec amour. Et quelle meilleure manière d’aimer si ce n’est en offrant son temps aux autres et en conservant du temps pour soi ? Aimer la vie c’est vivre chaque instant comme s’il était le dernier, en abolissant la notion du temps. Être réellement vivant c’est donc être présent dans l’éternité du temps, en pleine conscience et dans l’amour à chaque instant. Et chaque instant est déterminé par notre prise de position, notre décision qui reflétera profondément l’amour que nous avons à offrir, l’être que nous sommes réellement ou celui que nous souhaitons devenir.

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Rédigé par Leandro De Carvalho.

 

 

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